C’est un mot que Michel Robert utilise régulièrement à mon égard, je suis « précurseur ».

Venant d’un homme qui a passé sa carrière à défricher de nouveaux chemins, à remettre en question les dogmes de l’équitation classique et à chercher la finesse là où d’autres cherchaient la force, c’est un qualificatif qui résonne particulièrement pour moi.

Mais qu’est-ce que cela signifie vraiment, être précurseur dans le monde du Shiatsu équin ?

Au-delà de la critique : être acteur plutôt que spectateur

Nous vivons une époque où le sport de haut niveau est souvent pointé du doigt.

La critique est facile, parfois légitime, mais souvent extérieure.

Il est aisé de juger depuis les tribunes ou derrière un écran. Il est beaucoup plus difficile, mais tellement plus nécessaire, d’aller au cœur du système pour y apporter du changement.

Mon choix, c’est celui-là.

Je refuse d’être un spectateur qui déplore.

Je choisis d’être un acteur du bien-être.

Être précurseur, c’est oser entrer dans les écuries des chevaux de Grand Prix, là où la pression est maximale, pour y amener du calme, de l’écoute et du rééquilibrage.

C’est prouver, par le résultat, que le soin n’est pas une option « confort », mais un pilier de la performance.

Le haut niveau, quand il est vécu avec justesse, est une formidable école d’humilité. Il pousse à la découverte de soi.

Le cheval est un miroir impitoyable. Pour que le shiatsu fonctionne, pour qu’une performance sportive existe, l’humain doit être aligné.

Dans ma pratique, je ne soigne pas seulement des tissus ou des méridiens.

J’accompagne ce couple cheval-cavalier dans une quête de justesse.

Les valeurs du sport, ce ne sont pas seulement les médailles.

C’est cette recherche incessante d’amélioration, cette capacité à se remettre en question pour le confort de son partenaire équin.

C’est là que le Shiatsu prend toute sa dimension : il permet de reconnecter le cheval à son corps, et souvent, le cavalier à son ressenti.

Je suis convaincu d’une chose : l’image du bien-être à haut niveau est la condition de l’avenir des sports équestres.

Le monde change.

Les attentes envers le respect de l’animal sont immenses.

Développer le Shiatsu dans ce milieu, ce n’est pas suivre une mode. C’est construire le sport de demain.

Un sport où la performance ne se fait plus au détriment du cheval, mais grâce au respect de ses besoins fondamentaux et de son intégrité physique et mentale.

Si être précurseur signifie ouvrir cette voie, montrer que l’on peut gagner tout en prenant le temps d’écouter les énergies et les tensions de son cheval, alors j’accepte ce rôle avec fierté.

Car au fond, que ce soit pour un cheval de loisir ou un athlète olympique, la finalité reste la même.